Bernard Stamm se lance, aujourd'hui, sur le circuit Figaro. Une découverte pour ce tourdumondiste accompli.
Entretien
Bernard, pourquoi vous lancer sur le circuit Figaro ? Et pourquoi maintenant ?
Je retourne à l'école... J'y vais même plus précisément car je l'ai zappée avant à cause de la navigation. En fait, c'est un programme d'entraînement pendant que le gros bateau se construit (NDLR : un nouveau monocoque 60 pieds pour le Vendée Globe 2012). Comme le 40 pieds l'a été et l'est encore cette année. Cela faisait longtemps que je voulais faire du Figaro et cela fait longtemps que ça me manque au niveau expérience et performance. Mais je n'ai jamais eu le temps. J'aurais pu le faire vite un peu n'importe comment, mais ce n'était pas non plus le but. Là, je m'entraîne à Port-la-Forêt, je fais des courses. Dont une Transat dans un mois. J'essaie de trouver les manettes du bateau.
Cette classe reste donc très enrichissante...
Il y a plein de choses qui la font se rapprocher du 60 pieds. Par contre, c'est exigeant car les bateaux sont identiques. C'est une série où ceux qui sont au top, et il y en a beaucoup, sont là depuis longtemps. Dans cette série, je vais naviguer contre des gars qui sont meilleurs que moi, donc tu ne peux qu'apprendre. Il faut juste accepter son niveau et ne pas se tromper de priorité.
En Figaro, vous n'arrivez pas avec le statut de favori...
Cette étiquette, ce sont les autres qui nous la collent alors que ce n'est pas forcément vrai. En 40 pieds, je sais exactement où je me trouve par rapport aux autres. Par contre, en Figaro, je ne sais vraiment pas du tout. C'est l'inconnue totale. Donc je vais découvrir, et c'est aussi le but. J'ai 10 ans de retard sur les autres. Je vais donc faire le mieux que je peux. Sans objectif de classement. Je veux naviguer propre, faire le moins d'erreurs possible. Je vais en faire, c'est certain. Si j'arrivais à tirer tout de suite le maximum d'un bateau que je découvre, je ne serais pas quelqu'un de normal...
Le bateau est petit (10,15 m), la course est très courte (330 milles, 40 heures de mer) : ce format va-t-il vous convenir ?
J'ai déjà fait des petites courses. Là, c'est surtout la série qui est différente. C'est tout neuf pour moi. Je vais devoir m'y faire... Mais vais-je bien faire, ça, c'est une autre question...
Quelles ont été les premières sensations en Figaro ?
J'ai fait deux stages d'entraînement fin janvier. Puis le bateau a été mis en chantier. J'ai donc peu navigué. C'est comme ça, il faut bien attaquer le problème par un bout ! Avec ces bateaux, c'est l'inverse que ce que je fais d'habitude. Ce sont des bateaux qui ne créent pas de vent apparent. Du coup, il faut beaucoup bidouiller pour un gain minime. Mais si tu ne le fais pas, tu es derrière tout le monde... Je ne commence pas la voile non plus, donc je sais que la moindre erreur se paie cash. En Figaro, c'est encore plus vrai...
En quoi est-ce l'inverse de ce que vous faîtes ? Il faut revenir à des choses basiques ?
Non. D'après moi, tu ne commences pas par le Figaro. Le parcours type serait dériveur, voile olympique puis habitable-Figaro puis 60 pieds. Si tu arrives sur les gros bateaux avec ce cursus-là, il va être bon. Faire l'inverse, c'est difficile. Pour moi, faire du Figaro, c'est compliqué. Mais redescendre en 470, ce le serait encore plus. Alors que je me sentirais très à l'aise sur un multicoque 60 pieds. J'ai un parcours différent, mais ça m'intéresse. Avec le niveau de régate que l'on trouve sur un Vendée Globe, si tu occultes cet aspect-là des choses, il te manque quelque chose. Ce que tu apprends sur cette classe est forcément utile.
En novembre 2012, ici aux Sables, le départ du Vendée Globe sera donné. Où en êtes-vous du chantier de votre nouveau bateau ?
La construction va démarrer. On s'est laissé du temps pour faire les choses proprement. La conception a été longue, elle n'est d'ailleurs pas finie. On a été assez loin pour lancer le chantier. Les deux phases vont continuer avec l'objectif que les deux aillent de paire. L'objectif, c'est la mise à l'eau en février 2011. Pour disputer la Course de l'Europe et la Transat Jacques Vabre. Puis l'année suivante, le Globe... Chaque mois et chaque semaine comptent. Mais on a encore le temps, sinon je ne ferais pas de Figaro.
Recueilli par Raphaël BONAMY.
Solo/Duo Figaro Les Sables 2010. 8e édition. Départ : aujourd'hui à 12 h. Arrivée : prévue samedi 20 dans la matinée. 330 milles par les îles d'Yeu, Belle-île et Ré.
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