Grand retour des plus grands amateurs de Rhum
vendredi 04 décembre 2009
Les skippers de la Route du Rhum réunis hier à Paris pour la présentation de la prochaine épreuve.Daniel Fouray
Route du Rhum. Le 31 octobre 2010, la 9e édition s'élancera de Saint-Malo.Et marquera un retour aux sources. Toutes les classes de bateaux y seront.
7 jours 17 heures 19 minutes et 6 secondes. Le 31 octobre prochain, au moment de prendre leur envol de Saint-Malo vers la Guadeloupe, les skippers n'auront que ce chrono en tête. Celui du temps canon établi en 2006 par Lionel Lemonchois sur Gitana 11.
Son trimaran en sera à nouveau, Yann Guichard à la barre, pour lequel l'armement Rothschild l'a rallongé de 5 m : « Il fallait le modifier exclusivement à destination de ce Rhum pour avoir toutes les chances de gagner, note le skipper. C'est chose faite, même s'il restera un petit multicoque parmi les grands. » Car là, réside la particularité de cette course, dévoilée hier salle Wagram, à Paris. Elle s'ouvre à nouveau aux grands bateaux qui en avaient disparu depuis un bail, alors que Michel Étévenon son créateur l'avait justement destinée à toutes les classes.
« On a voulu revenir aux origines, et on a été poussé en cela par la conjoncture économique, la période de mutation des multicoques, explique Pierre Bojik, directeur général de Pen Duick, la société organisatrice. Alors on a pris le pari d'aller vers ces bateaux plus grands. »
Ils seront plusieurs sur le départ. Gitana 11 (23 m), donc ; Idec (30 m), de Francis Joyon ; Sodebo (32 m) de Thomas Coville ; Groupama 3 (32 m) de Franck Cammas ; Bruno Peyron cherche les finances pour réarmer son maxi-catamaran (ex-Orange II, 38 m) ; on évoque aussi l'engagement éventuel d'un amateur, qui retape actuellement l'ancien trimaran Côte-d'Or (22 m) d'Éric Tabarly.
La formule, si elle ne s'attire pas que les satisfactions du plateau ¯ les tenants des monocoques craignent notamment une perte de retombées médiatiques ¯ permettra de confronter entre eux ces « géants », pour l'essentiel taillés pour des records, soit en solitaire (Idec et Sodebo), soit en équipage. « Enfin, je vais pourvoir naviguer à nouveau en compétition, avec l'émulation indispensable pour rester au niveau », note Coville.
« C'est un défi pas évident pour un homme seul, car le bateau n'a pas été conçu pour cela, renchérit Cammas. Ce n'est pas la longueur qui me fait peur, mais la largeur, quasiment deux fois plus puissant que ceux dessinés pour un solitaire... »
Il faudra des bras pour envoyer la toile. Le spectacle, tant au port que sur la ligne de départ, aura de quoi séduire l'oeil. Quant au résultat sportif, rien n'assure que la longueur est gage de succès en solo. Seules les conditions de course permettront d'établir la hiérarchie sur l'île papillon.
Olivier CLERC.