Jean-Pierre Dick : « Je voulais rebondir »
mercredi 09 décembre 2009
Jean-Pierre Dick attend avec impatience la mise à l'eau de son Virbac-Paprec 3.DR
Tour du monde. Une petite escale en France pour le skipper morbihannais. Le Vendée Globe et un nouveau bateau en tête.
Il baille le Jean-Pierre. Pardon le Jipé. Lundi, le Nautic. Le skipper lorientais débarque tout juste de Nouvelle-Zélande. Là-bas, un nouveau chantier. Virbac-Paprec 3 est en cours de construction chez Mick Cookston. Troisième du nom, le futur monocoque Imoca permettra au Niçois de s'élancer autour du monde lors du Vendée Globe 2012 avec un bateau high-tech.
Mais chut, le Jipé ne veut pas (encore) dévoiler ses secrets. La mise à l'eau est prévue fin mars, avec retour par le canal de Panama dans la foulée. Mais ce sera sûrement un bateau avant-gardiste. Bruce Farr a cédé la place à Guillaume Verdier, le nouvel et jeune architecte qui a déjà dessiné les plans de Safran, la planche de Marc Guillemot.
« Je voulais boucler la boucle, explique Dick. L'an dernier, j'étais bien parti, l'abandon dans le Vendée Globe a été une petite mort. Je voulais rebondir sur un projet ambitieux. »
Le bateau vendu aux Espagnols, la déception digérée, Jean-Pierre Dick s'est donné les moyens de rebondir. La réflexion avant l'action. « Je n'aime pas être dans le vide, j'essaie de toujours anticiper. C'est une phase excitante, être coureur au large ce n'est pas que border les écoutes. Ce qui m'excite le plus c'est de mener un projet jusqu'à la mise à l'eau du bateau. » L'anticipation, c'est 70 carènes de scannées, c'est une jauge restrictive mais étudiée afin d'offrir au Lorientais un bateau avant-gardiste. Mais toujours secret. « Notre design groupe n'a cessé d'échanger, il y a eu une grosse intensité de réflexion notamment autour de Nicolas Abiven », le directeur technique du 60 pieds.
Dick cite Abiven, avec qui il a gagné une transat Jacques Vabre, mais il pourrait aussi glisser le nom de Luc Bartissol. Car Jean-Pierre Dick, le coureur, s'est aussi glissé dans la peau du concepteur. Du JP 54. Explications. « Un, lors de la récente Barcelona World Race j'ai trouvé frustrant de tourner autour du monde sans m'arrêter dans des lieux magiques ; deux, je suis frustré lorsque je navigue sur des bateaux de croisière, j'ai l'impression d'être sur des caravanes flottantes. »
Le marin Dick, « initiateur et créateur », est certes élitiste mais reste persuadé que dans son sillage des apprentis coureurs tomberont amoureux de ce bateau à quille pendulaire et en carbone, parfait pour aller de crique en crique en mêlant plaisir de la croisière et performance. « J'y ai mis mon expérience de la course et de la régate. Ce bateau est la synthèse de tous ces éléments. Il aura les performances des monocoques Imoca d'il y a douze ans. » Mais aux mains de marins aux yeux de coureurs.
Eric HORRENBERGER.