Marc Guillemot : «Une récompense pour l'équipe »
mercredi 02 décembre 2009
Vainqueur de la Transat Jacques-Vabre, Marc Guillemot a désormais en tête la préparation de la prochaine Route du rhum. Philippe Chérel
L'entretien du mercredi. Quinze jours après son arrivée triomphale au Costa Rica, au terme de la Transat Jacques-Vabre, Marc Guillemot vient de remporter le titre mondial Imoca.
Vous attendiez-vous, en prenant le départ de la Transat Jacques-Vabre, à coiffer sur le fil Armel Le Cleac'h et Michel Desjoyeaux au classement Imoca (championnat des monocoques 60 pieds) ?
En fait, ce n'était absolument pas ma préoccupation. Mon seul objectif lorsque j'ai pris le départ de la Transat Jacques-Vabre, c'était de la gagner. Dans la mesure où, avec Charles Caudrelier qui était déjà mon équipier en 2007, nous avions terminé deuxième de la dernière édition, nous voulions faire encore mieux cette fois-ci. C'est chose faite.
Ce titre de champion du monde Imoca représente, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau ?
Ce trophée a beau n'avoir pas la même valeur qu'une victoire sur une transat, je ne suis pas mécontent de l'avoir décroché.
D'autant que vous succédez ainsi à des marins comme Jean Le Cam, Bernard Stamm ou Rolland Jourdain au palmarès.
Sincèrement, ce n'est pas une chose à laquelle j'ai réfléchi. Je n'y ai même pas pensé. Je ne veux pas donner l'impression de cracher dans la soupe, mais ce Trophée Imoca n'est pas une fin en soi. C'est un championnat qui se met en plus, qui sera peut-être plus courtisé que maintenant. Je suis davantage ému par ma victoire sur le Transat Jacques-Vabre que par ce trophée.
Retirez-vous néanmoins une certaine fierté d'avoir coiffé Michel Desjoyeaux au classement Imoca ?
Lorsque je prends le départ d'une course, c'est avant tout pour la gagner. Je ne cherche pas à terminer devant un marin mais plutôt devant l'ensemble de la flotte. Je ne me focalise pas sur une personne en particulier. Si Michel est derrière moi, ça me va bien. Ça veut peut-être dire que je suis bien positionné. Au classement final, il n'y a que cinq points qui nous séparent (362 pts et 357). Michel a fait un Vendée Globe exemplaire, on a été plus rapide que lui sur la SNSM et sur cette Transat Jacques-Vabre. Tant mieux pour moi !
C'est votre régularité sur la saison qui a fait la différence ?
C'est effectivement le cas. C'est une récompense pour le travail réalisé cette saison, non pas par le marin, mais par l'ensemble de son équipe. Cela fait deux ans que l'on prend part à chacune des courses de la classe Imoca, et que l'on ramène à chaque fois le bateau à bon port. Ça prouve notre régularité aussi bien dans la préparation, dans le suivi que lors de la course elle-même. Ce résultat met exergue le travail de l'ensemble d'une équipe.
Et d'un partenaire, Safran, qui a bien fait de vous suivre.
Au départ Safran s'était engagé avec moi jusqu'au Vendée Globe. Mais à l'arrivée de l'épreuve, les dirigeants de la société ont souhaité prolonger pour deux années supplémentaires. Jusqu'au prochain Vendée Globe. C'est un bon exemple d'investissement sur le long terme. Les gens de Safran ne sont pas là pour réussir un coup. Ils croient en moi, et moi je suis fier de représenter leur société.
Après une saison aussi bien remplie, quels vont être vos projets ?
Dans l'immédiat, je vais être très sollicité au niveau de la com'. Notamment lors du Salon nautique (qui se tient du 5 au 13 décembre Porte des Versailles). Mais je vais surtout avoir en tête la préparation de la Route du rhum, qui sera la course phare de la saison 2010. En parallèle, je vais aider une équipe de jeunes de La Trinité à préparer un bateau pour le prochain Tour de France à la voile. Je ne serai pas à bord du bateau, je vais juste les conseiller et, éventuellement leur servir de garant vis-à-vis des sponsors.
Propos recueillis par François LE DIFFON.