Trophée Jules-Verne. Groupama 3 poursuit sa chevauchée fantastique sur l'Indien. L'équipage grignote mille après mille son retard sur le temps de référence. Cap sur la Tasmanie et un nouveau changement d'océan.
Le maxi-trimaran vert trace toujours sur voie rapide, très au nord par rapport à l'orthodromie (la route la plus courte), mais suit une trajectoire tendue à l'extrême depuis qu'il a doublé les Kerguelen et qu'il trace son sillage vers le cap Leeuwin, à la pointe sud-ouest de l'Australie. Elle doit le propulser d'un bon coup d'élastique droit sur la Tasmanie, où Orange 2 était sorti de l'Indien en 9 jours 11 heures et 4 minutes en 2005, la Nouvelle-Zélande dans le viseur.
La moyenne ne faiblit pas, ces derniers jours. À une trentaine de noeuds de progression régulière, Groupama 3 est passé sous la barre des 15000 milles à parcourir encore : « C'est bien, apprécie Fred Le Peutrec l'un chefs de quart du voilier. On a enfin accroché le vent qui était derrière la zone de calme qu'on n'arrivait pas à franchir pendant trois en début de semaine, et là, du coup, la mer est bonne. C'est impeccable, droit au but ! Déjà, on a du vent de nord - nord-ouest, il vient donc des tropiques, n'est pas froid du tout, et, comme il y a eu de grosses méchantes dépressions à passer devant nous, la mer n'est pas formée. On peut passer vite, sans tout casser. »
Pour parachever le tableau qui conférerait presque à l'idyllique, ne serait cette pression de courir après le temps qui file sous les coques, l'atmosphère s'est singulièrement asséchée, hier. L'océan Indien a décidé de déclarer la paix à l'équipage, les dix hommes tournent désormais (mais pour combien de temps ?) le dos à la pluie, à cette brume épaisse qui les transperçait d'humidité et plombait la visibilité. Place au soleil, dans une brise bien établie. Grand voile arisée, trinquette et gennaker pour la garde-robe du bateau. Combinaisons sèches, tout de même, sur le dos des navigateurs qui descendent à fond de train vers le Pacifique Sud.
« On n'y est pas encore, mais ça en prend le chemin, illustre Le Peutrec. On verra bien l'enchaînement qu'il est possible de faire dans le sud de la Nouvelle-Zélande, météorologiquement parlant, car un y a un petit changement de système avec le passage d'un océan à l'autre. » De quoi occuper les esprits et se faire des noeuds au cerveau, cette quête à l'opportunité de laisser le chrono de référence dans le sillage et de bénéficier à cet endroit d'un petit bonus bienvenu. Car chacun garde en mémoire que dans le tronçon suivant, il y a cinq ans, Orange 2 avait allongé la foulée et creusé son avantage.
Olivier CLERC.
Pointage (hier à 23 h) :
Groupama 3 n'accusait plus que 218 milles de retard sur le temps de référence d'Orange 2, et avait couvert 626 milles en 24 heures. Il lui restait encore 14396 milles à parcourir jusqu'à la ligne d'arrivée à Ouessant, qu'il doit atteindre impérativement avant le 23 mars à 7h14'57''.
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L'avis de course en anglais est disponible sur le site.
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